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Véronic DiCaire
La pétillante Véronic DiCaire est de retour en 2011 pour une troisième série de supplémentaires au Capitole.
Du 11 au 14 janvier 2011, ne manquez pas votre chance de voir la voix féminine la plus versatile du Québec et passez une soirée mémorable en sa compagnie.
Coupures de presse
Le Capitole et l’Orchestre symphonique
Décembre 1996, Le Soleil, 1896-1996 Un siècle d’actualités
Par Louis-Guy Lemieux
Les vrais débuts de la vie artistique à Québec
L’Auditorium... Le Capitol... Le Capitole (avec un e pour la touche française)… Trois noms pour une même salle de spectacles qui fait partie des meubles de la Cité avec le Château Frontenac, le Séminaire, le vieux pont et autres richesses du patrimoine bâti.
Depuis 100 ans, ou presque, toute la vie culturelle artistique locale tourne autour de ce théâtre de la place d’Youville, l’un des plus beaux en Amérique au moment de son inauguration, le 31 août 1903.
La Société symphonique de Québec, ce n’est pas un hasard, avait été fondée un an plus tôt. C’est à la soirée d’ouverture de l’Auditorium que le grand orchestre devait asseoir sa réputation et assurer sa survie.
Dirigée par Joseph Vézina jusqu’en 1924, la Société symphonique fusionnera, en 1942, avec le Cercle philharmonique animé par Edwin Bélanger pour donner l’Orchestre symphonique de Québec. Edwin Bélanger en gardera la direction jusqu’en 1951, soit jusqu’à l’arrivée de Wilfrid Pelletier, secondé par Françoys Bernier.
S’il est vrai qu’on juge de la vitalité culturelle et artistique d’une ville par la qualité de son orchestre classique et par le prestige de la salle où elle se produit, alors les deux événements majeurs du siècle furent la fondation de l’orchestre symphonique et la construction de la grande salle de la place d’Youville.
En attendant le Capitole
Au début du siècle, une salle de spectacles digne de ce nom faisait cruellement défaut à Québec. L’Académie de musique de la rue Saint-Louis, coin du Parloir, venait d’être détruite par un incendie. Le Tara Hall, l’ancienne salle Victoria de la rue Sainte-Anne, servait surtout la clientèle anglophone. Quant à la salle Jacques-Cartier, à Saint-Roch, sur l’emplacement exact de l’actuelle bibliothèque Gabrielle-Roy, elle faisait plutôt dans le vaudeville, après avoir défendu pendant de nombreuses années le théâtre français de répertoire.
Depuis le début de son histoire si particulière, la ville de Québec s’était illustrée plus par sa vie militaire que par ses manifestations artistiques. N’oublions pas que cette ville fut attaquée et détruite en partie cinq fois. Et qu’elle fut une ville de garnison jusqu’en 1871.
La première salle conçue spécialement pour présenter du théâtre au grand public fut construite en 1790. Il s’agissait du Théâtre-du-Marché-à-foin, au coin des rues Sainte-Anne et des Jardins, sur l’emplacement de l’actuel hôtel Clarendon. On l’inaugura, en 1791 avec Le barbier de Séville.
En 1804, le théâtre Patagon ouvre ses portes, rue de la Canoterie. Il ne dure pas plus d’une saison. Différents hôtels permettent aux comédiens en tournée de se produire: l’hôtel Sturch, rue Saint-Jean ; le Neptune, côte de la Montagne ; l’hôtel Albion, côte du Palais ; l’hôtel Union, rue Sainte-Anne.
Le Cirque royal, rue Saint-Stanislas, présente du théâtre anglais jusqu’au milieu du XIXe siècle. En 1838, année de la rébellion des Patriotes, les autorités militaires instaurent le couvre-feu. On ferme les portes de la ville à 23 h, si bien que les spectateurs du Cirque royal doivent partir avant la fin ou coucher à la belle étoile.
Le théâtre Saint-Louis fermera ses portes dans des circonstances dramatiques, après une année seulement d’activités. La lampe d’un diorama met le feu au décor durant un spectacle. Les spectateurs prennent panique. L’unique porte ne s’ouvre que vers l’intérieur. Bilan: 50 morts.
Ensuite c’est le Quebec Dramatic Club, rue Sainte-Anne, de 1849 à 1851, le théâtre Champlain, sous les remparts, en 1852, et l’Académie de musique, construite selon les plans de Charles Baillargé. C’est dans ce dernier théâtre que sera joué, en 1862, le Félix Poutré de Louis Fréchette et, en 1872, le vaudeville Erreur n’est pas compte, du député et futur premier ministre du Québec, Félix-Gabriel Marchand.
On parlait déjà d’une grande salle prestigieuse. Ce sera le futur Capitole.
Grandeur et misère
Tous les grands noms de la musique, de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la chanson, et du vaudeville sont passés plutôt deux fois qu’une par le Capitole. Cette salle superbe a placé Québec sur la route des grandes tournées internationales.
En 1929, l’Auditorium est vendu à Famous Players et rebaptisé le Capitol. On y installe un orgue Casavant sophistiqué pour accompagner les films muets. Le cinéma se partage les lieux avec la musique et les spectacles.
La salle de cinéma ferme ses portes en 1982. Les 10 années suivantes représentent une tache noire dans le dossier patrimonial de Québec.
Ce qui était au début du siècle le plus beau théâtre au Canada est abandonné, dans l’indifférence des pouvoirs publics, aux intempéries et aux squatters itinérants. C’est miracle que le feu n’ait pas rasé l’édifice.
En 1992, un partenariat entre le promoteur de spectacles et impresario Guy Cloutier et les différents paliers de gouvernement sauve le Capitole. Un investissement privé et public de 12 millions$ redonne à la grande salle de la place D’Youville son prestige d’antan.
Les plus grandes vedettes du siècle
Extraits Cahier Le Nouveau Capitole, Le Journal de Québec
Dimanche 22 novembre 1992
Par Denise Martel
De Fernandel à Philippe Noiret, de Maurice Chevalier à Charles Aznavour, d’Arthur Rubinstein à Witold Malcuzynski, de Sarah Bernhardt à Madeleine Renaud... En 80 ans de vie artistique, le Capitol aura certainement vu passer les plus grands de ce monde.
En effet, du jour de son inauguration, le 31 août 1903, à sa fermeture, au début des années quatre-vingt, le Capitol a vu défiler sur ses planches une foule absolument incroyable de vedettes. Tous les plus grands de l’époque ont un jour passé par Québec et par le Capitol, ou l’Auditorium de Québec, nom qu’il a porté jusqu’en 1930. À tel point qu’il serait impossible de les nommer tous, mais mentionnons que toutes les formes d’art, du vaudeville à l’opéra en passant par le théâtre, le chant, le ballet et, bien sûr, la grande musique avec de nombreux concerts et récitals, ont connu leur heure de gloire au Capitol.
D’ailleurs, l’ouverture du fameux théâtre de la place D’Youville avait coïncidé avec la naissance de la Société symphonique de Québec, qui y avait donné l’un des premiers concerts le soir de l’inauguration et avait par la suite participé activement à l’animation artistique de l’Auditorium, avant de devenir, plus tard, l’Orchestre symphonique de Québec. Mais de tous les artistes qui ont foulé les planches du théâtre, on peut certes penser que des noms comme Fernandel, Yves Montand (1961), Léo Ferré, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour (1967), Georges Guétary (1950) et Luis Mariano (1954) ont largement obtenu la faveur populaire.
Les grands du théâtre
Toutefois, plusieurs autres grandes vedettes ont profondément marqué la vie des Québécois lors de leur passage au Capitol. Ce fut certainement le cas de la divine Sarah Bernhardt, qui a fait un véritable scandale, en 1905, soulevant l’indignation de l’évêché. Mentionnons également la Française Cécile Sorel, qui a joué dans pas moins de cinq pièces en six jours, en octobre 1922. On ne peut passer sous silence le passage de Gérard Philippe dans Le Cid, pièce dans laquelle jouait également le jeune Philippe Noiret.
D’ailleurs, les troupes de théâtre venues de France furent très nombreuses à se présenter au Capitol: Louis Jouvet et sa compagnie, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, le Théâtre national populaire de Jean Vilar, la troupe de Marcel Pagnol, la troupe d’Edwidge Feuillère, sans oublier les grands Québécois dont Gratien Gélinas, qui y a créé son Ti-Coq, le Théâtre du Nouveau Monde, la Comédie canadienne, le Théâtre du Rideau vert, etc.
De l’opéra à la danse
De 1910 à la fin des années cinquante, l’opéra a aussi connu de beaux jours au Capitol, grâce, entre autres, à des productions de l’Opéra de Paris et même du Metropolitan Opera de New York, qui organisait alors des tournées. Parmi les plus grandes vedettes de l’époque, mentionnons Albani (Emma Lajeunesse), Marjorie Lawrence, Pierrette Alarie et son mari, Léopold Simoneau, Yma Sumac, que l’on qualifiait de véritable phénomène, Colette Boky, Raoul Jobin, Richard Verreau, Jossi Bjoerling… Plusieurs chorales ont aussi chanté au Capitol, entre autres les Chanteurs de la Colline et même les Petits Chanteurs de Vienne.
La danse a vu passer le Ballet russe et Diaghilev, le Ballet de l’Opéra de Paris, les Grands Ballets canadiens, le Ballet national du Canada et plusieurs autres. Le théâtre Capitol a même présenté de grands défilés de mode et, bien sûr, de nombreux films, car avant sa fermeture, le théâtre se consacrait presque uniquement à sa vocation cinématographique. Il est bien sûr impossible de parler de toutes les activités artistiques, extrêmement variées, présentées dans le fameux théâtre qui renaît aujourd’hui.
Cependant, pour les curieux qui aimeraient en apprendre davantage, précisons qu’une dame de Québec, Mme Eveline Bossé, a écrit un ouvrage très complet intitulé Les Grandes Heures du Capitol. Fort bien documenté, le livre retrace non seulement les grands moments du Capitol, mais aussi une bonne idée de la société québécoise de l’époque et comporte des annotations biographiques intéressantes sur les vedettes qui ont visité le Capitol.
Question d’ambiance et de prestige
Extraits Cahier Le Nouveau Capitole, Le Journal de Québec
Dimanche 22 novembre 1992
Par Denise Martel
L’ambiance de la salle et le prestige qui s’en dégageait faisaient le charme du Capitol et expliquent sans aucun doute pourquoi le théâtre de la place D’Youville était si couru. Tant par les spectateurs que par les producteurs.
Gérard Thibault est l’un de ceux-là. Il se souvient d’avoir mis les pieds pour la première fois au Capitol en 1936 pour voir un film de Charlie Chaplin. S’il a vu bien d’autres films – entre autres Les Misérables, Spartacus et le duo comique Abott et Costello – et assisté à bien d’autres variétés, M. Thibault y a aussi produit des spectacles dans les années cinquante et soixante. Et chose la plus étonnante, c’est qu’il présentait au Capitol des artistes qu’il avait accueillis Chez Gérard ou à la Porte Saint-Jean au cours de la même tournée.
«À ce moment-là, quand je faisais venir un artiste, je m’occupais de toute sa tournée. Il fallait bien que je m’organise pour que ce soit rentable ; aussi, je montais des tournées de 30 ou 40 jours. On commençait toujours par la Comédie canadienne à Montréal, ensuite je les amenais à la Porte Saint-Jean ou Chez Gérard pendant deux semaines, on faisait plusieurs villes en région puis on revenait au Capitol. Et même si c’était plein tous les soirs dans mes boîtes, je faisais presque toujours salle comble au Capitol. Parce que, souvent, ce n’était pas le même public, plus jeune ou plus vieux», a raconté M. Thibault lors d’un bref entretien.
«À l’époque, ça me coûtait entre 40 000$ et 50 000$, ce qui était énorme et dans certains cas assez risqué. Je me souviens d’avoir été obligé d’annuler Dalida, parce que ça ne marchait pas du tout. Elle avait un problème avec sa voix, elle n’était pas en forme. Mais en général, tout a très bien fonctionné. J’ai présenté Gilbert Bécaud et Charles Aznavour à deux reprises chacun, et à chaque fois pendant deux ou trois soirs. Il faut dire qu’on était privilégié d’avoir d’aussi grands noms. Je louais la salle à Famous Players, le propriétaire de l’époque. Ça me coûtait 1 000$ par soir plus les salaires des employés. Pour Famous, je pense que c’était plus payant que de présenter des films, surtout pour le prestige de la salle».
Le premier spectacle qu’il a présenté au Capitol était un orchestre composé uniquement de femmes, le Grand Orchestre de femmes de Phil Spitalny. C’était en 1954. «Je faisais salle comble à tous les soirs à la Porte Saint-Jean. Même M. Duplessis était venu les voir. Après, j’avais présenté aussi Jose Greco, le plus grand ballet d’Espagne». Gérard Thibault se souvient qu’en 1951 il était allé aux trois spectacles de Maurice Chevalier, qu’il amenait ensuite finir la soirée Chez Gérard, avant d’aller le reconduire au Manoir Saint-Castin. «C’était un véritable boute-en-train, a rappelé le producteur maintenant à la retraite», avant de mentionner qu’il a extrêmement hâte de retrouver l’ambiance du Capitole.
Beaucoup d’émotion et de superlatifs
Extraits Cahier Le Nouveau Capitole, Le Journal de Québec
Dimanche 22 novembre 1992
Par Pierre O. Nadeau
Artistes et personnalités publiques ont à l’unanimité louangé à grands coups de superlatifs et avec beaucoup d’émotion le nouveau théâtre Capitole, hier soir, lors du gala de réouverture.
Alys Robi
«J’ai des frissons de la tête aux pieds!», a commenté au Journal, à son arrivée, Alys Robi, qui, la voix étreinte par l’émotion, a raconté avoir présenté son premier spectacle sur cette scène, en 1928. La petite Alice, comme on l’appelait alors, avait à peine quatre ans. Elle y a chanté une quinzaine de fois. Elle retient surtout son spectacle avec l’Orchestre symphonique de Québec durant la Seconde Guerre mondiale. «J’ai pleuré tout le long en m’en venant...»
Jean-Paul L’Allier
De son côté, le maire Jean-Paul L’Allier considère que la réouverture du Capitole va favoriser grandement la renaissance du centre-ville, en créant une synergie culturelle dans le secteur. Pour lui, c’est la plus belle salle au Canada. D’autre part, il ne paraît pas convaincu de la pertinence de l’implantation d’un casino dans l’édifice voisin (cinéma de Paris), un projet déjà avancé par les promoteurs du Capitole.
Émile Genest
Également présent, l’artiste Émile Genest a rappelé qu’il fut un habitué du Capitole, à l’époque où il travaillait à la station CKCV, dont les locaux se trouvaient dans le même édifice. Son plus beau souvenir demeure la réouverture spéciale du théâtre lors de la grande première des Plouffe. Il n’a pas oublié sa première sortie d’adolescent ; il était alors allé voir le film Gone with the wind.
Les ministres
Mme Liza Frulla-Hébert, ministre des Affaires culturelles, visiblement émue, a parlé d’un grand jour pour la conservation du patrimoine. Pour sa part, le ministre des Communications, M. Lawrence Cannon, a ajouté: «Quand on commence à se préoccuper des choses du passé, ça augure bien pour l’avenir». Il en a profité pour louer l’initiative de l’entreprise privée. Le ministre se souvient que, comme première sortie, son père l’avait amené voir le film Around the World in 80 days. «Les films étaient présentés en anglais», dit-il avec le sourire.
Michel Rivard
Pour sa part, le président de la Communauté urbaine de Québec, Michel Rivard, avait l’impression, hier, de se retrouver au Lido de Paris. «C’est le retour à la belle époque!» Il considère que la réouverture du Capitole va obliger les gens à sortir davantage. «Ça comble une lacune», a ajouté le président de la CUQ, qui, avec nostalgie, se rappelait y avoir vu notamment Frank Fernandel, et le film (en noir et blanc) Jailhouse Rock, avec Elvis Presley.
Marcel Aubut
«Ça va mettre de la vie à Québec!», exultait le président des Nordiques, qui a eu le privilège, il y a quelques jours, de bénéficier d’une visite guidée du chantier en compagnie de Guy Cloutier. «Il a fait un job exceptionnel!» Me Marcel Aubut a aussi confié que le nouveau Capitole va donner un cachet international à la Vieille Capitale. «Il va juste nous manquer un nouveau Colisée...», a-t-il pris soin d’ajouter, avec un clin d’oeil.
René Angélil
René Angélil semblait tout autant impressionné. Pour l’imprésario de Céline Dion, le Capitole allie le charme des vieux théâtres de Broadway au glamour des grandes salles de Las Vegas. Il croit lui aussi que c’est la plus belle salle au Canada. Elle est de calibre pour attirer les plus gros noms dans le monde.
Le gala du Capitole en met plein la vue!
Par Denise Martel
Du jamais vu à Québec! Le gala célébrant le retour du Capitole figurera sans doute parmi les événements marquants de la vie culturelle de la Vieille Capitale, non seulement de l’année mais de la décennie, et peut-être même plus. Un spectacle varié, étoffé, tantôt tendre, tantôt énergique. Un spectacle qui en a mis plein la vue.
Les promoteurs du Capitole ont mis le paquet pour impressionner et y sont parvenus, si l’on se fie aux réactions du public qui, même s’il était plutôt timide au début, s’est laissé embarquer dans le jeu habilement mis en place par les deux animateurs de la soirée, Rémy Girard et Marc-André Coallier. Les deux comédiens, le premier dans la peau du fantôme du Capitole et le second dans celle d’un jeune voyou à la tête d’un groupe de squatters qui habitent illégalement les ruines du théâtre depuis près de dix ans, se chargent de faire toutes les transitions du spectacle, en jouant et en chantant.
Les artistes sont nombreux à se succéder sur scène: Louise Marleau, Robert Charlebois, qui fait véritablement démarrer le spectacle par son interprétation endiablée du Fu Man Chu, Céline Dion, émouvante avec L’amour existe encore, Alain Choquette, qui se charge de faire disparaître Julie Masse, sous les yeux du public éberlué, et qu’il fera, heureusement pour tous, réapparaître dans sa peau de chanteuse, sans oublier le très attendu Patrick Bruel, Gildor Roy, Renée Martel et ainsi de suite…
Les contraintes journalistiques étant ce qu’elles sont, il nous a été impossible de rester jusqu'à la fin et de voir Michel Sardou interpréter deux de ses grands succès, et surtout, en finale, Céline Dion chanter la chanson du siècle, telle que choisie par le public. Sélectionnée parmi dix chansons populaires, dont Nathalie Simard et Francis Martin nous avaient offert un savoureux aperçu en première partie, la chanson Quand les hommes vivront d’amour, de Raymond Lévesque, a finalement remporté le populaire concours.
Non seulement les concepteurs du spectacle Un siècle sur scène ont-ils réussi à relever le défi de donner un bon éventail de toutes les formes de spectacle qui ont vu le jour sur la scène du Capitole depuis le début du siècle – du théâtre au rock en passant par la danse, l’opéra, le cinéma et, bien sûr, les variétés – , mais ils ont réussi hors de tout doute à faire la preuve que le nouveau Capitole est à la fine pointe de la technologie moderne et peut s’ajuster à toutes les formes de spectacle. Chapeau à Anne Boyer et Michel D’Astous, les deux auteurs du scénario qui avait, entre autres, l’originalité de mettre en vedette des chanteurs et des comédiens souvent dans des rôles inhabituels pour eux. Belle mise en scène d’Olivier Reichenbach et belle performance des musiciens de l’OSQ, sous la direction de Gilles Ouellet.
Et que dire de l’originalité et de la polyvalence des décors de Guy Neveux. À elle seule, la scénographie avait largement de quoi impressionner les quelque 1 360 spectateurs de ce spectacle de gala. Au centre de la scène, une façade de théâtre dont les fenêtres se transforment, au besoin, en écran géant. D’ailleurs, deux autres écrans latéraux apparaissent à l’occasion, amplifiant les gestes des artistes lors de leurs prestations. Ce qui permet de laisser la scène presqu’entièrement dégagée et, ainsi, de faciliter les transitions entre les nombreux numéros. Belle prestation aussi des danseurs de Danse-Partout qui ont su s’adapter à tous les rythmes.
Bref, un spectacle que le Tout-Québec n’est pas près d’oublier. Ceux qui ne pouvaient pas être là, hier soir, ont tout intérêt à se river, ce soir, à leur écran de télé, puisque le gala est retransmis à la télé de Radio-Québec à compter de 21 h.
Soirée digne de Hollywood
Par Serge Drouin
Bracelets à breloques, colliers de perles, mèches toutes fraîches faites chez le coiffeur, vêtements en soie brute et satin, smokings et cravates, tout le gratin du Québec s’était mis sur son 36, hier, afin d’assister à la réouverture tant attendue du Capitole. Rien n’avait été négligé pour faire de cet événement une soirée digne des plus grandes premières hollywoodiennes.
Il va sans dire que l’atmosphère était fébrile dans les corridors et coulisses, quelques heures avant le début du spectacle animé par Marc-André Coallier et Rémy Girard. Déjà, à 15 h, les médias venus de partout, même de France, arpentaient les couloirs de cette salle aux airs de Las Vegas. Les journalistes aiguisaient leurs crayons, réglaient le son de leur microphone tandis que photographes et cameramen ajustaient leurs lentilles.
À l’extérieur, et ce, malgré une pluie battante, quelques centaines de personnes attendaient l’arrivée des dignitaires, invités et artistes. À la manière américaine, toute la place D’Youville était éclairée de nombreux projecteurs de poursuite, faisant tantôt briller la patinoire, tantôt les édifices environnants. Une dizaine de voitures antiques servaient de décor à l’impressionnant arsenal.
Vers 17 h, limousines et Rolls Royce ont commencé à défiler les unes après les autres, au grand plaisir du public qui commençait à taper des pieds pour se réchauffer. Plusieurs personnalités de Québec, telles que le maire Jean-Paul L’Allier, son épouse, Johanne Mongeau, l’avocat Léopold Fournier, Me Marcel Aubut, ont marché sur le tapis rouge de circonstance. Les politiciens étaient également bien représentés par les ministres Liza Frulla-Hébert, Gil Rémillard, Gilles Loiselle et Lawrence Cannon. Du côté des vedettes, Alys Robi a sûrement été l’une des plus applaudies à son arrivée. Ont suivi les René Simard, Marie-Josée Taillefer, Nathalie Simard, Gildor Roy, Louis-Georges Girard, Mario Pelchat, Julie Masse, Francis Martin, Johanne Blouin et plusieurs autres. À travers toutes ces allées et venues, le maître d’oeuvre Guy Cloutier, visiblement nerveux, ne savait plus où donner de la tête, tellement on le réclamait de toutes parts.
Menu
Dans la grande salle, vers 18 h 30, au premier plancher du Capitole, invités et dignitaires ont pu se sustenter grâce à un menu des plus copieux. Dans les assiettes, mousse aux trois foies et son confit, feuilleté de fruits de mer, pintadine de l’île au miel et poivre ; croquante de saison aux douceurs affinées et tulipe noire du Capitole ont pris place. Le tout arrosé de champagne A. Charpentier, bordeaux Louis Eschnauer blanc et bordeaux Louis Eschnauer rouge. Les derniers papillons dans l’estomac étant disparus, place maintenant au spectacle!





