Historique

Le Capitole de Québec est situé dans l’arrondissement historique de Québec, le seul ensemble urbain en Amérique du Nord à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’immeuble a fait l’objet d’un classement patrimonial aux deux plus hauts niveaux gouvernementaux qui ont reconnu son caractère exceptionnel par des déclarations distinctes :

  • En 1984, le ministère des Affaires culturelles du Québec émettait un avis de classement pour les intérieurs de l’édifice incluant les mécanismes et la console du grand orgue de 35 jeux.
  • La Commission des lieux et des monuments historiques du Canada a statué, en 1986, sur l’importance exceptionnelle du Théâtre Capitole.

Le Capitole est l’un des quinze bâtiments du Vieux-Québec qui bénéficient du statut de monument historique d’importance nationale, au même titre que les Fortifications, La Citadelle de Québec, Le Parc-de-l’Artillerie et le Parc du Cavalier-du-Moulin. Il fait aussi partie d’une liste privilégiée d’une cinquantaine de bâtiments du même arrondissement inscrits au Registre des biens culturels du gouvernement du Québec et considérés comme des immeubles de classement supérieur. Parmi ceux-ci, la maison Montcalm, le Séminaire de Québec et la maison des Ursulines.

Son architecture

À Québec, Le Capitole est le seul édifice théâtral ayant préservé des éléments significatifs de son style architectural d’origine. Il illustre de façon exceptionnelle la transition entre les théâtres authentiques et ceux conçus pour s’adapter aux exigences du cinéma sonore. Le projet de transformation de 1927 est un des exemples les mieux réussis de la fusion de deux styles décoratifs : celui d’origine, d’inspiration Louis XIV et l’autre, prépondérant, d’inspiration des frères Adams.

Dans la région métropolitaine de Québec, Le Capitole est l’unique survivant des théâtres, polyvalents et fastueux, construits entre 1900 et 1930. Il constitue le plus bel exemple architectural et le mieux intégré de tous ceux qui ont existé. Au Québec, il s’inscrit dans une liste d’une vingtaine de salles de spectacle construites lors des décennies 1890 à 1930. Sa capacité d’accueil originale le classait parmi les plus grands de cette liste. Il fut l’un des rares à avoir conservé sa vocation polyvalente jusqu’à la décennie 1980.

Au Canada, il fait partie d’une lignée sélecte d’une quinzaine de théâtres urbains luxueux, construits ou réaménagés dans les années 1920 par l’architecte consultant new-yorkais Thomas W. Lamb, pour des chaînes américaines comme Loew’s, Keith Alber et Famous Players.

En Amérique du Nord, il est l’unique exemple d’un complexe théâtral d’inspiration à la fois Beaux-Arts et Second-Empire, brillamment intégré dans un site urbain restreint.

Son histoire

Le Théâtre Capitole voit le jour en 1903. Pendant un quart de siècle, l’édifice, construit d’après les plans de l’architecte américain Walter S. Painter, a été appelé Auditorium de Québec.

L’architecte Painter a su tirer profit de la configuration étroite du terrain pour créer une façade saisissante et harmonieuse. Le développement en trois parties distinctes, reliées par un corridor de promenade et articulées autour d’un foyer central, démontre un souci d’intégration élevé aux contraintes imposées par les lieux. L’édifice est d’une allure relativement moderne, inspirée du style Beaux-Arts et empruntant un vocabulaire tardif du style Second-Empire. L’ordonnancement de la façade monumentale et le choix des motifs de l’ornementation extérieure sont d’inspiration typiquement classique.

Rénovations

En 1927, l’architecte consultant new-yorkais Thomas W. Lamb est mandaté pour la conception du projet de rénovation. Il est considéré comme le spécialiste américain en matière de cinéma et de théâtre. À la même époque, ce dernier réalise pas moins de seize théâtres à travers le Canada.

L’architecte québécois Héliodore Laberge sera mandaté pour en préparer les plans et devis. Ils réorganiseront considérablement l’intérieur de l’auditorium pour adapter les parties centrale et arrière de l’édifice aux exigences de la vogue des cinémas de luxe, un phénomène répandu dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. Avec son architecture remodelée, l’établissement change de nom en 1930 pour s’appeler désormais Le Capitole. Il conservera ce nom jusqu’à aujourd’hui sous divers pseudonymes : cinéma, théâtre, restaurant, témoignant ainsi de la polyvalence de ses usages. Essentiellement, il s’agit du même immeuble qui nous est légué à ce jour.

Déclin et… renaissance

Paradoxalement, le complexe du Théâtre Capitole amorce un déclin de ses activités vers 1970, lors du début des grands travaux de modernisation de Québec, lesquels devaient amener la destruction de la véritable Place d’Youville et la construction du Grand Théâtre de Québec.

Définitivement abandonné en 1982, alors qu’il abritait une salle de cinéma, Le Capitole sera fermé pendant dix longues années. En 1992, il est restauré minutieusement pour conserver sa beauté architecturale d’antan.

Presque un siècle de culture

Le Capitole témoigne, à plus d’un titre, d’un vécu culturel populaire exceptionnel. Il fut témoin de l’intégration du cinéma muet et de l’adaptation des théâtres à la percée du cinéma sonore au début des années 1930. La polyvalence de ses aménagements extérieurs a facilité la tenue de représentations très diversifiées : théâtre légitime, projections cinématographiques muettes et sonores, opéras, opérettes, music-hall, vaudevilles, concerts et galas.

Des noms aussi prestigieux et populaires que Gérard Philippe, Louis Jouvet, Yves Montand, Maurice Chevalier et Gilbert Bécaud s’y sont produits au cours des années 1950. Alfred Hitchcock y a présenté, en première mondiale, son film La loi du silence (I confess), en présence des acteurs Anne Baxter et Montgomery Clift et du Premier Ministre Louis St-Laurent.

Prix et distinction

Certificats de reconnaissance de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec

Lors de la sixième remise des certificats de reconnaissance décernés par la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec à l’été 1993, le Théâtre Capitole a remporté deux des onze prix attribués aux entreprises qui réalisent des projets de construction et de rénovation, se démarquant par leur excellence.

Le prix du public et le prix spécial de la Commission

Le public, dans une proportion de 60 %, a choisi le Théâtre Capitole pour sa qualité esthétique et l’intégration réussie à son environnement. D’autre part, les travaux de la firme Denis St-Louis, architectes, ont valu un second honneur au Théâtre Capitole d’une façon particulière par l’octroi d’un prix spécial de la Commission.

Lundi 21 février 1994, 17 h (Journée nationale du Patrimoine) - Inauguration d’une plaque commémorative de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada soulignant l’importance historique et architecturale du Théâtre Capitole

La remarquable façade bombée de ce théâtre de style Beaux-Arts évoque l’exubérance des salles de spectacle de la Belle Époque. Conçu par Walter S. Painter et d’abord appelé Auditorium de Québec, Le Capitole ouvrit ses portes en 1903. En 1927, le célèbre architecte américain Thomas W. Lamb et son collègue québécois Héliodore Laberge en modifièrent l’intérieur, le dotant d’un profond balcon et d’un riche décor classique, éléments typiques des salles de spectacle de l’époque. Abandonné pendant dix ans, l’édifice a été rénové et rajeuni, puis a renoué en 1992 avec sa vocation artistique d’antan.

The Historic Theatre Preservation Award

L’association The League of Historic American Theatres, dont le siège social est situé à Washington, a décerné le Historic Theatre Preservation Award au Théâtre Capitole en reconnaissance de sa restauration exemplaire. La remise de ce prix prestigieux a été faite lors d’une cérémonie qui s’est tenue à l’Université du Michigan à Ann Arbor, le 19 juin 1994.

Mention d’excellence en architecture 1993

L’Ordre des architectes du Québec a honoré les architectes et les clients qui se sont illustrés cette année, par la qualité de leur contribution au paysage québécois. L’objectif était de reconnaître les réalisations architecturales les plus méritoires. Outre les cinq prix d’excellence, le jury a accordé onze mentions qui couronnent les meilleures réalisations soumises dans chacune des catégories. Le Théâtre Capitole s’est vu remettre la mention de l’architecture commerciale du jury pour une intervention sans pastiche, mais particulièrement respectueuse de l’édifice historique auquel il a redonné vie. Le Théâtre Capitole marie un cachet ancien à de nouvelles insertions, dont la réception de l’Hôtel du Capitole qui a charmé les membres du jury par sa fraîcheur.